Dialogue 1

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Dialogue 1:

 

"Des collègues, stagiaires CAPSAIS G, nous ont exposé le cas d'un enfant de Moyenne Section qui aurait dû bénéficier d'un groupe de prévention. Or les parents de celui-ci s'y sont fermement opposés. (...) 

Impossible de leur faire entendre raison.

Est-ce que ce genre de situation vous est déjà arrivé ?"

 

Pour ma part, je travaille en groupe d'aide à maturation en MS.

En tout cas, quelque soit le type de travail que je propose, y compris les groupes d'aide à maturation en maternelle, rien n'est effectué sans l'accord des familles et une réelle compréhension voire adhésion au projet rééducatif.


C'est un choix personnel. Je le précise car ce n'est pas du tout le cas partout. J'ai déjà entendu de nombreux formateurs, d'horizons divers, dire que pour la prévention ce n'était pas nécessaire.


Bon, le décor étant planté, revenons à la question: " Est-ce que ce genre de situation vous est déjà arrivé ?"

Oui, je suis régulièrement confrontée à des refus. Et je trouve ça bien.
Le refus d'une famille est son droit le plus strict.

 

Par ailleurs, comme tout "incident" arrivant au cours du suivi ou de la rencontre entre le rééducateur et l'enfant, le refus n'est pas seulement un acte, c'est aussi une parole...

Pourquoi faut-il leur faire "entendre raison?". Il me paraît bien plus
important de les entendre. Et où se repose la question des objectifs des entretiens avec les familles non?


Et si tu veux mon point de vue, je préfère un refus bien net sur lequel on va pouvoir travailler, si nécessaire, qu'un accord flou qui parfois permet d'entamer le suivi rééducatif (on peut commencer puisqu'il y a accord) et empêche le travail (l'enfant n'est aucunement autorisé à s'autonomiser, par exemple).

Le plus difficile, peut être, dans le cas d'un refus, est de ne pas le vivre comme un échec personnel, que ce soit  du côté des enseignants ou des rééducateurs. 

Il est primordial de rester conscient avant, pendant et après l'entretien avec les familles que les hésitations, oublis, revirements, agressions, oppositions systématisées,  refus redondants et démissions peuvent être des manifestations de la dynamique, des ressources et des défenses inconscientes familiales.


Il est important de respecter le temps propre à chaque famille, sa spécificité propre.

 

Garder à l'esprit qu'il faut des semaines et parfois des années pour que la décision devienne progressivement celle de la famille. 

 

(...)

 

Par ailleurs, il est vital de ne pas se penser ni se poser comme le seul sauveur de l'enfant, comme le seul ayant La Solution pour tous. 


Nous devons rester garant de notre fonction, et ce, sans disqualifier les parents (moi à votre place...., il faudrait..), disqualification qui engendrerait une forte culpabilité parentale et placerait l'enfant  devant un choix  difficile, douloureux, voire impossible.

 

(....)


Primordial, dans le cas d'un refus, de garder le lien avec la famille, de faire qu'après l'entretien au cours duquel ils se sont positionnés, ils puissent continuer à se sentir respectés et restent capables de revenir parler au sein même de l'école s'ils en éprouvent ultérieurement la nécessité.

J'espère t'avoir été utile,
@ bientôt,
Sylvie.

 

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