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Résumé
et commentaires
"L'hyperactivité
infantile est aujourd'hui le trouble le plus débattu sur le plan scientifique
en psychopathologie de l'enfant. Il est également l'un des plus
médiatisés du fait notamment des alternatives thérapeutiques
disponibles: la Ritaline pose en effet une interrogation légitime à
des cliniciens peu enclins à rompre une tradition d'exception quant
à la prescription de psychotropes aux enfants. Et il semble bien que
cette forme pathologique souligne des divergences, voire de
véritables clivages au sein de la communauté scientifique, entre
d'une part les tenants d'une approche "classique", marquée
par les apports de la psychanalyse et la place qu'elle accorde à
l'environnement de l'enfant dans son développement et d'autre part
les tenants d'une approche plus expérimentale et
"réaliste", avant tout soucieuse de réduire les symptômes
qui handicapent l'enfant dans ses rapports sociaux. En fait, cette
dichotomie entre approche "française" et approche
"anglo-saxonne" est, à bien des égards, abusive: comme
cela a été le cas pour l'autisme infantile au cours des deux
dernières décennies, les praticiens conviennent à présent de
l'intérêt d'une confrontation des approches face à un trouble dont
la compréhension résiste à des analyses trop univoques.
Tel
est l'objectif de cet ouvrage qui fait dialoguer plusieurs courants
contemporains de la psychopathologie de l'enfant à propos de ce
trouble, en écartant tout à la fois un illusoire consensus et un
tiède éclectisme intégratif."
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sommaire:
du
diagnostic aux représentations:
Bibliographie
Index
Table
des matières
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Citations
et extraits:
"Chez
l'enfant d'âge pré-scolaire, c'est-à-dire avant l'âge de 5 ans, le
diagnostic d'ADHD est particulièrement difficile car le tableau se
résume, en général, à une exagération des particularités développementales
à cet âge (agitation et inattention). Les arguments cliniques qui
doivent alerter le clinicien quant à la possibilité de l'existence
d'un ADHD sont l'association à une impulsivité qui se traduit par
une tendance aux accidents ainsi que l'existence d'un retard de
développement de langage. (....)
Le
diagnostic est difficile car les manifestations du syndrome prises
isolément (agitation, inattention) sont des manifestations
fréquentes en population générale (d'autant plus que l'enfant est
jeune). Les difficultés tiennent également au caractère variable et
fluctuant des manifestations en fonction des situations. Celles-ci
s'atténuent dans une situation nouvelle ou duelle, dans une situation
particulièrement intéressante pour l"enfant ou qui est suivie
d'un renforcement positif ou d'une récompense immédiate. Ainsi, lors
d'une première consultation médicale, seulement 20% des hyperactifs
apparaissent comme tels. En revanche, la symptomatologie s'aggrave en
situation de groupe, devant des tâches monotones, nécessitant
un effort intellectuel soutenu, non suivi d'un renforçateur immédiat
(situation représentée typiquement par l'école)".
Le
diagnostic d'ADHD selon le DSM-IV
par
Marie-Claude
Saiag (pédopsychiatre)
P.
29
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"L'analyse
du discours des thérapeutes révèle les signes d'un
triptyque
contre-transférentiel spécifique qui s'établit chez le clinicien au
contact de l'enfant hyperactif.
Il
se compose: de sentiments d'impuissance et d'échec; de la mise en crise
des capacités de penser; du surgissement d'éprouvés de haine et
d'une mise en mouvement de l'agir corporel et transgressif.
Il
apparaît clairement que les cliniciens confrontés à des sujets
présentant des troubles hyperkinétiques sont traversés par un vécu
d'angoisse, de culpabilité, de frustration et de souffrance au point
qu'ils s'estiment souvent dépassés par les situations qu'ils
rencontrent. Cela se manifeste au niveau de tous les intervenants,
qu'il s'agisse des médecins psychiatres, des psychologues ou des
psychomotriciennes. Si les vécus émotionnels des soignant semblent
dominés par une "tendance chaotique", ils oscillent entre deux
pôles dominants: un pôle dépressif -avec affects dépressifs et
sentiments d' "inutilité" ou de "chute interne" -
et un pôle persécuteur -manifesté par un vécu d'angoisse, d'
"anxiété" voire de "détresse". A ce processus, s'ajoute
un profond sentiment de "non-reconnaissance" de leur efforts
associé à l'absence de renforcement narcissique, de soutien et
d'étayage. Fragilisant les thérapeutes, l'ensemble aboutit pour
plusieurs d'entre eux à des atteintes de l'identité professionnelle.
Les agirs, les demandes paradoxales de résultats immédiats, la
transgression des rôles, des statuts, des modèles et des cadres
semblent rendre difficiles l'instauration et le maintien d'une
situation thérapeutique et remettent en question l'identité
professionnelle des cliniciens: la relation d'aide et la prise en
compte de la dimension psychique. Ce qui ne peut être, selon eux,
sans incidence sur les prises en charge qui tendraient à s'orienter
vers des "modes plus opératoires".
Des
soignants face à l'hyperactivité: une approche des
représentations
par
Nicolas
Daumerie (psychologue)
P.41
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"L'usage
de la Ritaline® peut se présenter dans ce sens comme l'un des
symptômes de l'hyperactivité, un symptôme qui vient rappeler que la
substitution de l'acte à la pensée s'inscrit au cœur de cette
pathologie."
Hyperactivité
infantile et perversion.
Aspects psychopathologiques et éthiques
par
Jean Ménéchal et Marie Gilloots.
P.
136
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"Avant
d'être reconnu comme perturbé et souffrant, l'enfant hyperactif est
d'abord perçu comme perturbateur dans les situations de
socialité. (....) Il semble donc aller de soi que l'approche
groupale du soin se heurte potentiellement au même type de
difficultés et engendre les mêmes effets, révélant et provoquant
d'emblée la symptomatologie hyperactive de l'enfant. Celui-ci en
retour se montre perturbateur pour l'activité proposée,
difficilement en mesure de s'intégrer au groupe, et facteur de risque
pour le projet thérapeutique lui-même. L'indication de groupe
serait-elle dans ces conditions paradoxale? (....) Nous
soutenons l'hypothèse que le groupe, sous certaines conditions, est
en mesure d'apporter une amélioration sensible à la situation de
l'enfant hyperactif, parce qu'il met en jeu des processus inconscients
qui réinscrivent l'enfant dans une dynamique imaginaire qui semble
lui faire défaut."
Le
groupe, une approche thérapeutique de l'hyperactivité infantile
par
Marie
Gilloots (pédopsychiatre)
P.
155