Lecture 23

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  Lecture 21

La méthode Aucouturier

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'alliance thérapeutique

 

 

Dr Charly Cungi

Préface du Dr Jean Cottraux

 

L'alliance thérapeutique

Retz

2006

 

 

 

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Coups de coeur

Quatrième de couverture

Table des matières

Citations

 

Coups de coeur

Un livre passionnant du début à la fin, tant dans ses parties théoriques que dans ses parties pratiques. 

 

La lecture n'en ai pas toujours simple principalement lors des parties théoriques, mais les concepts sont bien explicités, et les référents théoriques bien précisés. La bibliographie fournie, et le glossaire spécifique des méthodes de travail corporel citées dans l'ouvrage permettent d'avoir de nombreuses autres pistes de recherche une fois le livre fini. 

 

On y trouve beaucoup d'exemples d'activités bien articulés avec des éléments théoriques. 

 

De nombreux exemples cliniques détaillés, et permettant d'appréhender la multiplicité des approches. 

 

A noter la présentation des ateliers d'intégration illustrée par des photos de groupe d'adultes au travail. 

 

 

Quatrième de couverture

Toute psychothérapie (et, plus largement tout thérapie) nécessite une alliance entre patient(s) et thérapeute(s). Etablir, développer et maintenir cette alliance exige souvent du thérapeute qu'il recourre à des techniques spécifiques. Ne pas les connaître peut ralentir le processus, diminuer l'efficacité de la psychothérapie, voire interrompre la thérapie. 

Cet ouvrage qui se veut surtout pratique, présente de manière opératoire les méthodes utiles dans les différents contextes d'intervention: 

bulletconsultations individuelles,
bulletconsultations de couples,
bulletconsultations familiales,
bulletconsultations avec un autre professionnel ou un bénévole,
bulletanimation des groupes.

Il est illustré de nombreux exemples cliniques. Complété d'exercices pratiques permettant d'expérimenter les techniques (la "méthode du petit vélo", la technique des Quatres R etc...), il propose aussi des méthodes d'autoévaluation du thérapeute. 

Le plus: un DVD présente les techniques développées dans l'ouvrage: des séquences mettent en scène des entretiens mal conduits par le thérapeute, en thérapie individuelle et en thérapie de couple; d'autres proposent des entretiens bien conduits. Les commentaires du Dr Clharly Cungi éclairent les points négatifs et les points positifs. Certains séquences enfin, permettent de s'exercer à partir des cas concrets.

 

Charly Cungi est médecin psychiatre. Il travaille en libéral et est consultant à l'hôpital de Rumilly, spécialisé dans le traitement des dépendances et du stress. Il est également chargé de cours dans le cadre du diplôme universitaire de thérapie comportementale et cognitive à Lyon, Louvain, Marseille, Montpellier et Genève. Il est ancien président de l'Afforthecc (Association francophone de formation et de recherche en thérapie comportementale et cognitive). Il dirige plusieurs collections d'ouvrages aux éditions Retz.

Sommaire:

 

Introduction

 

Chapitre 1

Le rapport collaboratif, la réactance, la résistance

bulletDéfinition du rapport collaboratif
bulletLes deux facettes du rapport collaboratif
bulletla dimension affective
bulletUne relation empathique
bulletUne relation authentique
bulletUne relation chaleureuse
bulletLa dimension professionnelle
bulletDisposer d'un statut
bulletAvoir des compétences
bulletCombiner les dimensions affectives et professionnelles
bulletLe cercle vertueux affectivo-professionnel
bulletLes réactances et les résistances

 

Chapitre 2

Comment établir un rapport collaboratif?

bulletLa méthode du "petit vélo"
bulletLe thérapeute dans la thérapie: l'auto-observation
bulletObserver ce que l'on ressent: sensations physiques, émotions, sentiments
bulletAuto-observer et modifier ses sentiments
bulletRepérer et définir ses émotions et sentiments
bulletSe servir des émotions et sentiments dans la thérapie: la méthode "avantages, inconvénients, risques"
bulletAuto-observer et modifier ses pensées automatiques
bulletModifier les pensées automatiques pour établir un meilleur rapport collaboratif: la restructuration cognitive
bulletAutor-observer et modifier les composantes non verbales de la communication
bulletAuto-observer et modifier les réactions non verbales spécifiques du thérapeute dans une situation particulière de difficultés
bulletL'auto-observation intégrée: la méthode des cercles vicieux
bulletLe style relationnel entre patient et thérapeute
bulletRelation symétrique
bulletRelation complémentaire
bulletL'observation du patient
bulletLe regard du patient et ses variations
bulletLa mimique faciale et le sourire du patient
bulletLa voix du patient
bulletLa posture et l'habillement du patient
bulletLa position et la distance interpersonnelle avec le patient
bulletConseils généraux pour l'observation des composantes non verbales du patient
bulletLes techniques d'entretien
bulletLes entretiens individuels
bulletLes 4 R
bulletLe questionnement socratique
bulletLes entretiens avec plusieurs personnes
bulletLa structure formelle
bulletLa structure informelle
bulletLes entretiens de couple
bulletLes entretiens familiaux
bulletLes entretiens en présence d'un autre professionnel ou d'un bénévole
bulletL'animation de groupes
bulletUtilisation de la théorie des stades pour établir une alliance thérapeutique
bulletLe modèle transthéorique de Prochaska et DiClemente
bulletLes pièges relationnels dans la thérapie
bulletConvaincre le patient
bulletDébattre
bulletEffectuer un questionnement administratif
bulletFaire dire au patient ce que le thérapeute attend qu'il dise
bulletMinimiser un problème réaliste
bulletTravailler à la place du patient
bulletAller trop vite
bulletAller trop lentement
bulletConduite à tenir en cas de panne de la thérapie

 

 

Chapitre 3

Estimation de l'aptitude du thérapeute à établir l'alliance thérapeutique: brève échelle d'auto-évaluation

bulletBrève échelle d'auto-évaluation du thérapeute
bulletGuide de correction

 

Conclusion

 

 

Annexes

bulletAnnexe A: Auto-évaluation du rapport collaboratif
bulletAnnexe B: Hétéro-évaluation du rapport collaboratif
bulletBibliographie
bulletBiographie de l'auteur

Extraits:

Le groupe comme matrice. 

(....)

Au sein du groupe vont donc se jouer des problématiques de limite bien spécifiques et/ou d'identification oedipienne. L'individuation, c'est à dire le parcours que doit effectuer chacun pour conquérir son individualité et devenir soi, se fait dans un dialectique moi-groupe. Comme l'image du corps, elle est un processus dynamique et on un acquis définitif. Or, la danse permet de jouer cette dialectique au travers d'un florilège de propositions identificatoires. On trouve en effet dans les danses traditionnelles de nombreuses figures de la relation individu/groupe: le danseur est tantôt au sein du groupe, enveloppé et protégé, tantôt mis en valeur, magnifié, ou encore participant, fondu dans la masse, tantôt différencié, voire affronté au groupe ou même exclu.... Les relations mises en scène -ritualisées- sont variables: co-existence, coopération, rivalité, arrachement, agression, amour, maternage....

Les propositions en danse-thérapie peuvent être lues ou construites pour explorer précisément ces différentes positions de l'individu au sein du groupe. 

P. 110

Fonctions et rôle du danse-thérapeute: le cadre et le dispositif

(.....) 

Rôle et fonction

(....) 

Le danse-thérapeute, en tant qu'animateur, accomplit une fonction parentale. Maternelle, tout d'abord, en tant que réceptacle et garant de ce que les participants déversent, selon l'expression de Decherf, en tant que pare-excitation, et aussi par rapport à la médiation qu'il exerce entre les participants et les expériences proposées. Il doit littéralement porter les participants, réguler les entrées, assumer les fonctions de holding, de hangling et d'object presenting énoncées par Winnicott. La fonction paternelle, quant à elle, se rapporte d'une part à la capacité de perforation de l'animateur, c'est-à-dire aux dérangements qu'il introduit dans les fonctionnements des participants, d'autre part aux lois posées, en particulier les règles de non-passage à l'acte, agressif ou sexuel....

P. 111

   

Le cadre et le dispositif en danse-thérapie

"Le danse-thérapeute" est l'instigateur et le garant du cadre des séances, ainsi que du dispositif mis en place. Cadre et dispositif sont intriqués, particulièrement en danse-thérapie où les variables font intégralement partie du dispositif et sont donc sans cesse en évolution. C'est en effet une spécificité de la danse que de travailler les transitions, les passages: d'un mouvement à l'autre, d'une spatialité ou d'une temporalité à l'autre, d'un type de relation l'autre.... Le terme anglo-saxon qui correspond à cette notion complexe de cadre/dispositif est celui de setting, apparu dans le champ psychanalytique, et qui décrivait initialement les règles formelles de la rencontre: lieu, temps, rythme, organisation de l'espace et du temps de la séance.... Le terme s'est ensuite étendu au dispositif, c'est-à-dire à ce qui est proposé au sein du cadre. Pour accueillir les patients, gérer leurs difficultés identitaires et/ou existentielles, et leur permettre de s'y mobiliser en vue d'une évolution, la séance doit être à la fois contenante, sécurisante, pour éviter la dispersion, ou le morcellement, suffisamment souple pour permettre les explorations et l'expérience de transformations, mais elle doit aussi pourvoir déranger un certain ordre dans lequel les participant se confinent. C'est dont le danse-thérapeute qui va garantir le cadre, mettre en place le dispositif, et veiller à le faire évoluer au cours de la séance et d'une séance à l'autre. 

 

P. 112

 

La dialectique sujet/groupe

 

On peut repérer les différentes positions du sujet vis-à-vis du groupe et développer des propositions spécifiques pour les faire explorer, l'important étant que les participants ne se figent pas dans l'une d'entre elles. La danse, soutenue par la voix et le rythme, permet une circulation fluide entre ces diverses positions. Pour chacune, un ou deux exercices types seront brièvement décrits. Il faut constamment garder à l'esprit que ces processus sont des mouvements -des déploiements d'énergie psychique- qui ont lieu au sein du groupe avec ses qualités qu'on a pu assimiler à celles du Moi-Peau (maintenance, contenance, pare-excitation, individuation, mémoire...). On peut donc aussi comprendre ces postions en termes d'identifications (projectives et introjectives), de projections, symbolisations, régressions, transferts (déni et clivage) déplacements, relation narcissique... 

 

P. 118

 

 

Se différencier

 

Une autre catégorie de propositions vise à permettre à chacun de se distinguer du groupe, de vivre un processus d'émergence et de différenciation. Un exemple simple consiste à accorder le groupe sur une pulsation, avec éventuellement un geste ou un son commun, et de demander à chacun, tour à tour ou librement, de sortir de l'unisson pour développer une partie personnelle. Il s'agit donc de se déphaser pour développer consciemment une danse personnelle. 

 

P. 125

 

 

Ce qui m'a toujours frappé, c'est la perte de repères que semble éprouver l'entourage de ces enfants polyhandicapés, comme si bien souvent on ne savait -ou n'osait- pas les toucher. Par peur de leur faire mal, par incompréhension, méconnaissance des besoins, parce que parfois ils bavent, au nom d'interdits renvoyant à une peur de l'érotisation.... pour toutes sortes de raisons, en fait, qui font qu'en fin de compte ces enfants restent sur leur faim dans le domaine des interactions corporelles, et que nous nous privons d'un mode de communication qui est tout de même celui qui a soutenu une bonne partie de nos premiers échanges, qui nous a donc informés. Or, ces enfants sont le plus souvent sans langage et sans autonomie motrice, sans parler des déficits sensoriels plus ou moins lourds, ce qui rend inutiles ou peu efficaces certains de nos moyens éducatifs classiques.

 

P. 158

 

 

L'imaginaire et la symbolisation

 

"C'est piscine et plouf au fond, au fond, au fond.... plus d'air", dit Julian en mettant les mains sur sa gorge. Il est prêt à sauter du banc et nous transmet le contexte, l'histoire qui émerge de ce jeu corporel. Il reste sur le banc sans pouvoir sauter, comme pétrifié par l'issue tragique que pourrait avoir son histoire. A ce moment Alina se précipite sur le banc et se projette dans les tissus: 

"Au secours, au secours, au secours..." crie Alina de toutes ses forces. 

Je fais mine de plonger au fond de l'eau et de nager pour aller la rejoindre et l'aider. 

"Vite, vite, vite, je dois vite nager... ah, ca y est, je te vois, Alina... j'arrive, j'arrive....Voilà, prends ma main..." Je joue la scène avec émotion et Aliana s'accroche à moi avec force et densité. Je sens enfin dans son corps quelque chose qui s'anime, qui se remplit! Elle se sert de ses pieds comme appui solide pour se sortir des tissus: la vitalité apparaît ainsi que le plaisir. 

J'observe ici deux processus différents: d'une part Julian qui fait émerger un imaginaire d'un jeu corporel; d'autre part Alina qui "plonge" littéralement dans le scénario de Julian et accède par là à un jeu corporel riche en éprouvés. C'est un processus particulièrement important si l'on se souvient de la problématique d'inconsistance et d'anesthésie d'Alina. 

Sur le bord (du banc), tout le groupe suit la scène avec enthousiasme, exprimant tout à tout des sentiments de peur, de joie, manifestant des attitudes d'attentes, d'impatience, d'encouragement...

Julian peut à présent s'élancer du banc et jouer cette scène où la sécurité et la fiabilité que représente l'adulte, de par sa place et sa fonction, sont mises à l'épreuve. 

Il saute au coeur des tissus, en criant très fort "héhéhéhé..." puis s'accroche fort aux tissus, les mord, me mord et me griffe à mon tour, lorsque je viens jouer le jeu du sauvetage. Ce n'est qu'au bout de plusieurs mois qu'il pourra m'appeler à l'aide et jouer véritablement, dans le "faire semblant", cette scène. Il semble, à ce moment-là que son angoisse soit générée, entre autres, par cette confusion entre réel et imaginaire. 

 

P. 216 

 

 

Un parcours de la différenciation à l'individuation

 

Ce dernier rituel consiste à chanter une chanson de gestes et de paroles: "A Toi, A Moi, A Nous"". Nous recréons le cercle dans un endroit précis de la salle, réservé à cette proposition. 

Chacun prend un coussin et s'installe dessus afin de marquer son espace propre, son individualité. Il s'agit de chanter ensemble puis chacun à son tour d'écouter les autres, sans les annuler. 

Cette comptine utiliser le geste et les mots qu'on adresse à l'autre puis à soi et enfin au groupe: 

"A MOI" = poser la main sur soi; c'est le dedans, l'existence propre de chacun.

"A TOI"= montrer l'autre; c'est le dehors, le monde et autrui.

"A NOUS"= poser les mains ou adresser des gestes aux autres; c'est le groupe, c'est son individualité dans le groupal. 

Elle constitue un moment où l'on définit l'altérité, ce qui est moi/ce qui est toi, ce qui est à moi/ce qui est à toi, notre capacité à être et à se différencier de l'autre. "Je garde ma place dans le groupe et je continue d'exister pour moi avec les autres;.."

Alina éprouve beaucoup de plaisir à cette chanson, mais ses erreurs et confusions révèlent en grande partie ses difficultés: elle confond "A Toi" et "A moi", dans les gestes et les paroles et "A Nous" se transforme presque toujours "A vous". 

Pour Alina, "l'autre, c'est moi". 

(......)

Avant de se lever, d'aller remettre les chaussures et de se dire enfin au revoir, nous prenons quelques secondes de silence, chacun sur son coussin. Ce petit temps constitue un bon indicateur de l'état intérieur de chacun. Certains se roulent en boule sur leur coussin, d'autres se remémorent les moments du groupe en montrant certains objets ou en fredonnant les musiques ou des comptines, d'autres encore s'agitent ou agressent. 

Pour canaliser les débordements,s nous limitons la séparation par l'échange d'une poignée de main. 

 

P218/219. 

 

 

 
Présentation de l'ouvrage et commande sur le site de l'éditeur: 

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