Définitions et
citations autour du concept de résilience
« La résilience,
c'est l'aptitude des individus et des systèmes (les familles, les
groupes et les collectivités) à vaincre l'adversité ou une
situation de risque. Cette aptitude évolue avec le temps ; elle
est renforcée par les facteurs de protection chez l'individu ou
dans le système et le milieu ; elle contribue au maintien d'une
bonne santé ou à l'amélioration de celle-ci(1). »
1. Résilience,
Pertinence dans le contexte de la promotion de la santé, Document
de travail - Analyse détaillée présentée en 1995 à Santé
Canada par Colin Mangham, Ph.D., Patrick McGrath, Ph.D., Graham
Reid, Ph.D., Miriam Stewart, Ph.D., Atlantic Health Promotion
Research Centre, Université Dalhousie.
http://www.meteo-mentale.org/wml/meteo/stravie/resilience.html

"La Résilience définit
La capacité à se développer quand même, dans des
environnements qui auraient dû être délabrants."
Docteur
BORIS CYRULNIK
Psychiatre
Directeur d'enseignement en éthologie
à la
faculté des lettres et des sciences humaines de Toulon
http://www.meteo-mentale.org/wml/meteo/stravie/resilience.html

"Je ne parle ici
que de cette capacité que nous avons de rebondir, une qualité
que nous devons au fait d’avoir surmonté l’épreuve d’un
passé difficile. C’est ce que j’appelle la résilience, une
qualité utile au point qu’il nous arrive de nous demander
comment ceux qui n’ont pas eu à la forger dans l’enfance
parviennent à affronter les vicissitudes de la vie."
http://www.meteo-mentale.org/wml/meteo/stravie/resilience.html
De
la résilience, une chronique de Jacques Languirand

"J’ai fait pour
moi-même l’exercice de trouver le sens des mots résilient et résilience :
En français dans Le Petit Robert :
RÉSILIENT :
PHYS. Qui résiste (plus ou moins) au choc, est caractérisé par
une résilience plus ou moins grande. (…)
RÉSILIENCE :
Rapport de l’énergie cinétique absorbée pour provoquer la
rupture d’un métal, à la surface de la section brisée. La
résilience (en kg par cm2) caractérise la résistance au choc."
http://radio-canada.ca/par4/gr/gr1311.html
Jacques
LANGUIRAND

La
résilience
"La résilience a ses
origines dans la théorie du développement psychologique et
humain. Ce mot décrit en général la capacité de l'individu de
faire face à une difficulté ou à un stress importants, de façon
non seulement efficace, mais susceptible d'engendrer une meilleure
capacité de réagir plus tard à une difficulté. Diverses études
ont examiné la résilience au sein de groupes exposés à la
guerre, à la pauvreté et à la maladie chronique. Ces études et
d'autres recherches ont permis de cerner les caractéristiques des
personnes qu'on dit « résilientes ». Selon certains,
la résilience se compose d'un équilibre entre, d’une part, le
stress et les difficultés et, d'autre part, la capacité de faire
face à la situation et la disponibilité d'un soutien. Lorsque
les sources de stress excèdent les facteurs de protection de
l’individu, même les personnes qui ont fait preuve de résilience
antérieurement peuvent être dépassées (Mangham et coll.,
1995)."
http://www.hc-sc.gc.ca/hppb/sante-mentale/pubs/risque/chap1-2_f.htm

"Notons
d'abord que toutes ces utilisations nouvelles du mot résilience
ont un fond de sens commun, qui, curieusement, marque une distance
importante par rapport au sens premier du terme en métallurgie.
Premièrement,
pour ce qui est de l'objet que la qualité décrit: il est
question de la résilience, non plus d'une matière inerte et
simple, mais d'un tout ou d'un système complexe.
La résilience
se caractérise ensuite par une forme d'homéostasie qui permet
aux systèmes de retrouver leurs conditions de départ ou de
maintenir leurs fonctions initiales dans un environnement
dynamique et changeant où interagissent un nombre important de
forces, qui doivent être maintenues dans un équilibre plus ou
moins fragile. La tolérance au stress fait apparaître des
seuils, en deçà et au-delà desquels la structure se rompt ou éclate.
Autre élargissement du sens: là où la métallurgie voit dans la
résilience une résistance due à la nature même de la matière,
il s'agit maintenant d'une réaction d'un système qui met en jeu
des contre-forces tenues en réserve pour refaire l'équilibre
brisé; forces qui modifient l'environnement de manière à préserver
les conditions favorables au maintien des structures."
http://www.agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Resilience
Source: Attila
passe, l'herbe repousse par Dominique Collin
Docteur
en psychologie et spécialiste des Affaires indiennes au Ministère
fédéral du même nom.

"Comment
se fait-il qu’un même événement soit vécu par l’un comme
le choc de sa vie et par l’autre comme une simple péripétie ?
La réponse tient dans un concept, celui de « résilience ».
Couramment accepté et utilisé aux États-Unis (où l’on a plutôt
une vision enthousiaste et optimiste des choses), il n’a été
que récemment introduit en Europe et en France où il est plus
difficile à imposer, comme si la culture du malheur et
l’attitude fataliste étaient préférables.
Mais qu’est-ce que la résilience ? « C’est un processus
d’auto guérison et de résistance aux maladies, et en
particulier aux maladies mentales », explique le psychiatre
nordiste Jean-Luc Roelandt. Le lexique de l’industrie et des
techniques va dans le même sens, qui désigne la résilience
comme l’aptitude d’un matériau à reprendre sa structure après
un choc."
http://www.lavoixdunord.fr/vdn/journal/dossier/attentats/images/ART3.shtml

"En
France, l’éthologue et neuropsychiatre Boris Cyrulnik, est un
pionnier du concept. « Le mot "résilience" vient du
latin et signifie "ressauter", explique le médecin.
Non pas ressauter à la même place, comme si rien ne s’était
passé, mais ressauter un petit peu à côté pour continuer
d’avancer...
Résilier un engagement signifie aussi ne plus être prisonnier
d’un passé, se dégager. La résilience n’a rien à voir avec
une prétendue invulnérabilité ou une qualité supérieure de
certains mais avec la capacité de reprendre une vie humaine malgré
la blessure, sans se fixer sur cette blessure. »
http://www.lavoixdunord.fr/vdn/journal/dossier/attentats/images/ART3.shtml

Résilience
"Terme de
physique qui définit, en mécanique, le degré de résistance
d'un matériau soumis à un impact. Dans le dictionnaire
anglo-saxon le sens est élargi à la robustesse corporelle et à
la résistance du caractère.
Dans ce
terme on retrouve à la fois résistance et silence, à la manière
d'un individu capable de résister admirablement en silence. Hors,
le concept de résilience (qui est nouveau) s'approche de cette
notion de vulnérabilité.
Le mot résilience, inscrit dans le domaine de la pédiatrie
sociale, doit son introduction en 1995 au Pr. Manciaux et au Pr.
Kreisler. Le premier est professeur de pédiatrie sociale, le
deuxième pédiatre et psychiatre.
Pour comprendre cette notion, imaginons un groupe d'enfants dans
la rue, livrés à eux-mêmes. Certains d'entre eux vont
parfaitement s'en sortir utilisant tous les moyens possibles et
imaginables. En effet, confrontés à toutes sortes de situations
dangereuses, certains enfants, parfois même très jeunes, sont
capables d'élaborer des stratégies de survie pour combattre la
mort parfois toute proche.
En somme, la résidence c'est se débrouiller, se tirer d'embarras
confronté à n'importe quelle situation problématique ou
conflictuelle."
http://www.vulgaris-medical.com/textr/resilien.html

"Le
terme de résilience est utilisé dans le domaine de la physique
pour traduire la résistance de matériaux à la pression. On dira
ainsi que la coque d’un sous-marin est résiliente lorsqu’elle
se révèle capable de supporter des pressions considérables lors
de ses plongées et lorsqu’elle reprend sa forme
primitive.
On le
retrouve également dans la langue anglaise «resiliency» pour décrire
la capacité de réussir de manière acceptable pour la société
en dépit d’un stress qui comporte normalement le risque grave
d’une issue négative.
La résilience
sera définie ici comme la capacité pour un sujet confronté à
des stress importants au cours de son existence de mettre en jeu
des mécanismes adaptatifs lui permettant non seulement de «tenir
le coup» mais de rebondir en tirant un certain profit d’un tel
affrontement."
http://www.acsm-ca.qc.ca/virage/dossiers/la-resilience.html

"La
définition que j'en ai trouvée convient bien à qui s'occupe
quotidiennement de l'enfant et de sa famille: la résilience est
définie par le maintien d'un processus normal de développement
malgré des conditions difficiles. Il s'agit donc de quelque chose
de dynamique, et non point de la simple résistance au choc, comme
l'indique la définition initiale du terme, issu de la physique.
Et le dictionnaire Robert en donne le sens figuré: "ressort
moral, qualité de quelqu'un qui ne se laisse pas
abattre".
"Les
déterminants précoces de la résilience"
Antoine
GUEDENEY
Pédopsychiatre,
membre de l'institut de psychanalyse de Paris
in
"Ces
enfants qui tiennent le coup"
Sous
la direction de Boris Cyrulnik
Hommes
et perspectives
avril
1998
P. 13

"Le
concept de résilience représente un changement de
paradigme en psychologie développementale. Après avoir centré
leur attention pendant quelques décennies sur les risques, la
vulnérabilité et la psychopathologie, un nombre croissant de
chercheurs et d’intervenants en santé mentale s’interroge sur
la capacité de nombreux enfants de surmonter les obstacles
majeurs à leur développement. Il demeure un vaste domaine à
explorer dans l’étude de la résilience soit la compréhension
du lien entre l’enfant résilient et son entourage.
La
conceptualisation actuelle de la résilience se situe
essentiellement à l’intérieur d’une perspective
individualiste. Une recension des écrits (Ehrensaft, 1998) révèle
que la majorité des recherches et des articles conceptuels définissent
la résilience comme l’expression du tempérament et comme un phénomène
interne ou psychique comme dans l’expression " un
enfant résilient ".
Les écrits
sur la résilience reconnaissent cependant de plus en plus le rôle
de l’environnement et des systèmes avec lesquels l’enfant
interagit dans son développement psychologique."
L’écologie
humaine et sociale de la résilience
Esther
Ehrensaft, M.Ps. et Michel Tousignant, Ph.D.
Laboratoire
de recherche en écologie humaine et sociale,
Université
du Québec à Montréal
http://perso.wanadoo.fr/resscom/ACTU/semin-div/24-11-00tousignant.htm

"Quelles en sont les caractéristiques:
Quatre niveaux de résilience:
http://www.regroupement.net/diaporamas/resilience/resilience.PPT
Les facteurs de
protection
"La résilience
englobe deux concepts fondamentaux : le risque et les
facteurs de protection.
Le risque inclut les caractéristiques de
l'individu ainsi que le milieu, comme nous l'avons indiqué plus tôt.
Les facteurs de protection pourraient inclure les compétences,
les facteurs de personnalité et les mécanismes de soutien
ambiants qui contribuent à la résilience. Ces facteurs agissent
comme un tampon et procurent un réservoir de ressources qui
permet de faire face efficacement au stress (Mangham et coll,
1995)."
http://www.hc-sc.gc.ca/hppb/sante-mentale/pubs/risque/chap1-2_f.htm

"Mangham
et coll., 1995, ont découvert, à la suite d'une revue exhaustive
de la littérature, que trois grandes catégories de facteurs de
protection contribuent à la résilience des individus : les
facteurs individuels, les facteurs familiaux et les facteurs de
soutien.
|
Les facteurs individuels :
|
 |
sentiment
de compétence personnelle, |
 |
capacité
à planifier, |
 |
compétences
cognitives |
 |
sentiment
de signification |
 |
capacité
de résoudre des problèmes |
 |
optimisme |
 |
locus
de contrôle interne |
 |
capacité
de faire face au stress |
 |
habileté
à chercher un soutien |
(Mangham
et coll, 1995, page 5).
|
|
Les facteurs familiaux :
|
 |
rapports
parents-enfants propices |
 |
chaleur
et affection |
 |
soutien
familial solide et cohésion familiale |
(Mangham
et coll, 1995, page 5).
|
|
Les facteurs de soutien :
|
 |
la
présence de personnes aidantes comme des
enseignants |
 |
des
membres de la famille étendue ou des personnes se
situant à l'extérieur de la
famille immédiate |
 |
des
milieux de soutien qui favorisent l'autonomie, la
responsabilité et le contrôle " |
(Mangham
et coll., 1995, page 5). |
http://www.hc-sc.gc.ca/hppb/sante-mentale/pubs/risque/chap1-2_f.htm

"Il y
a un certain nombre de facteurs personnels qui sont toujours décrits
chez les sujets résilients. Il y en a de nombreux : il y a
l’intelligence. C’est plus facile quand on est intelligent.
C’est plus facile quand on réussit bien en classe. C’est plus
facile aussi quand on a un sentiment de solidarité vis à vis de
la fratrie et vis à vis du groupe de pairs.
Il est sûr que quelqu’un qui traverse des événements durs,
quand il est dans un groupe de pairs solidaires a plus de chances
de s’en sortir. De la même façon l’aptitude à faire face
aux problèmes rencontrés, et par le sujet, et par la famille,
est un élément aussi toujours décrit chez ces sujets.
Toujours dans les facteurs personnels, on insiste sur la capacité
à trouver du soutien dans le réseau social, à « savoir
chercher de l’aide ». Il n’y a pas de résilience, s’il
n’y a pas de réseau social. Le réseau médical est important.
Le réseau associatif et institutionnel est important, mais le réseau
social est fondamental pour tous ces sujets.
Et c’est Brassens qui rencontrant son instituteur qui lui dit
qu’il avait un potentiel créatif, a quitté sa trajectoire de délinquant
et est rentré dans la trajectoire que tout le monde connaît.
Enfin les capacités créatrices pouvaient être présentes avant
le traumatisme mais quasiment de façon générale. Elles prennent
une ampleur beaucoup plus importante après les situations
difficiles. Souvent, ce que l’on rencontre chez des sujets résilients,
c’est des identifications héroïques qui amènent des sujets à
se lancer dans des aventures dont ils doivent sortir victorieux.
Ils se trouvent aussi dans une situation où ils n’ont pas
d’alternative. Ils doivent être les héros. Ils doivent sortir
victorieux. C’est un moyen de s’en sortir, mais s’ils n’en
sortent pas victorieux, ils n’en sortent pas du tout…"
http://www.resomed.net/intervention6.shtml
Intervention
du Docteur Isabelle Ferrand,
Psychiatre,
Chef
du Service de Psychiatrie, Hôpital Cochin.
"Ainsi la résilience décrit
les phénomènes permettant de se construire une vie épanouie et
réussie en dépit d’un vécu d’adversité majeure.
La résilience met en avant les capacités
adaptatives et évolutives des femmes et des hommes. Les personnes
résiliantes font face aux traumatismes de leur vie en puisant
dans leur propre potentiel de créativité et d’adaptation. En
dehors des circuits d’aide sociale la plupart du temps, ces
personnes "tricotent" leur résilience avec patience et ténacité
à la recherche de gestes de solidarité. Ainsi, la résilience ne
se construit pas seulement à l’intérieur de la personne, ni
exclusivement grâce à son entourage, mais par un entremaillage
serré entre les deux. Les facteurs de résilience procèdent donc
à la fois du ressort psychologique et social.
Les mécanismes psychologiques d’adaptation
des résiliants incluent tout à la fois l’humour,
l’imagination, la créativité, l’investissement affectif,
l’idéalisme, l’engagement, l’altruisme,….
Lorsque des résiliants rencontrent des
professionnels de santé, la tâche de ces derniers s’inscrit
dans le champ du sens, dans la capacité d’aider le résiliant
-et particulièrement les enfants- à mettre une signification
parlante et libérante pour celui qui vient de traverser ces épreuves.
Ainsi le passage de la blessure à la résilience se façonne par
les différents appuis que cette personne recevra du tissu social
et surtout par la possibilité qu’elle aura d’être comprise
et acceptée dans son histoire."
http://www.hcuge.ch/dmc/125/resilience.html

"Bowlby
a beaucoup contribué à montrer que ce qui compte alors, c'est
l'existence d'un lien d'attachement, d'une base sûre, qui assure
un certain rapport avec la réalité, qui assure que le monde
n'est pas qu'un cauchemar, et que vous n'êtes pas le seul à
penser que tout cela n'est pas normal. Bowlby a été le premier
psychanalyste à remettre en cause la théorie du traumatisme
d'une façon aussi radicale, et à souligner le besoin de l'enfant
de connaître la réalité qui le concerne pour pouvoir
l'élaborer, si dure soit-elle. la capacité de résilience
apparaît donc liée à un attachement sûr."
"Les
déterminants précoces de la résilience"
Antoine
GUEDENEY
Pédopsychiatre,
membre de l'institut de psychanalyse de Paris
in
"Ces
enfants qui tiennent le coup"
Sous
la direction de Boris Cyrulnik
Hommes
et perspectives
avril
1998
P. 13

Facteurs de résilience individuelle
Un diaporama
très complet sur la résilience:
par Caroline Poirier
http://www.regroupement.net/diaporamas/resilience/resilience.PPT

Écologie sociale de l’enfant à risque
"L’écologie sociale part du postulat
que le développement résulte d’une interaction entre divers
niveaux de systèmes qui régissent l’enfant, soit l’ontosystème
(les caractéristiques internes de l’enfant), le microsystème
(la famille), l’exosystème (la communauté) et le macrosystème
(la culture, le système politique) (Bronfenbrenner, 1979). Plus
le système est proximal de l’enfant, plus il exerce une
influence déterminante sur celui-ci. La famille exercerait donc
une action bien plus importante sur le développement de
l’enfant que l’école ou la culture."
Pour
découvrir plus en détail le rôle du microsystème,
de
l'exosystème, de la communauté , du macrosystème,
de la
culture et de la signification,
dans la
constitution de la résilience
lire
l'article très complet:
L’écologie
humaine et sociale de la résilience
Esther
Ehrensaft, M.Ps. et Michel Tousignant, Ph.D.
Laboratoire
de recherche en écologie humaine et sociale,
Université
du Québec à Montréa
http://perso.wanadoo.fr/resscom/ACTU/semin-div/24-11-00tousignant.htm
